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La Gazette d'Univerciné


Le Cycle K. Kieslowski


Une rétrospective consacrée au réalisateur Krzysztof Kieslowski.



4-5-6 Avril 2003




► Les invités
► La programmation
► Bibliographie de K.Kieslowski
► Filmographie de K.Kieslowski
► Les Photos du Festival





Les invités



Philippe Volter

(Comédien)
Né en 1959 en Belgique, Philippe Volter commence sa carrière au théâtre. Après de grands rôles sur les scènes belges, il part à Paris et se lance dans une carrière cinématographique (Le Maître de musique (Gérard Corbiau), Les Bois noirs (Jacques Deray), Cyrano de Bergerac (Jean-Paul Rappeneau), Simple mortel (Pierre Jolivet), Bleu, La Double vie de Véronique (K. Kieslowski), Dernier stade (Christian Zerbib), La Nuit du destin (A. Bahloul), Le Pantalon (Yves Boisset), Les Cinq sens (Jeremy Podeswa), etc. Philippe Volter est également très actif pour la télévision puisqu’il a participé à pas moins de dix films pour des auteurs réputés tels que P. Lary (L’Homme dans la maison), Yves Boisset (L’Affaire Dreyfus), Claude Goretta (Vivre avec toi) ou Caroline Huppert (Charlotte dite Charlie). L’acteur reste aussi un homme de théâtre (Le Mariage de Figaro, La Plaie et le couteau, Trahison et il a assuré la mise en scène du spectacle Master Class avec Jacqueline Bir.


Jacques Witta

(Chef monteur)
Depuis 1960, Jacques Witta a monté plus de 70 films ! Il a travaillé avec de nombreux réalisateurs parmi lesquels Claude Berri, Jean Becker (L’Eté meurtrier, Les Enfants de marais, Un crime au paradis) , Jacques Weber (Don Juan) Elie Chouraqui (Harrison’s Flowers), Maria De Meideros (Capitaine d’Avril), Fernando Lopes (Le Dauphin) et bien sûr K. Kieslowski (La Double vie de Véronique, Trois couleurs Bleu et Trois couleurs Rouge). Il remporte le César du meilleur montage pour L’Eté meurtrier et pour Trois Couleurs Bleu. Il vient d’achever le montage d’Effroyables jardins, le dernier film de Jean Becker (sortie le 26 mars 2003) et travaille actuellement sur Le Soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul.
« K. Kieslowski a le talent du chef d’orchestre qui sait révéler chaque soliste ; avec lui, en effet, un technicien se révèle au même titre qu’un acteur face à un réalisateur », Jacques Witta.


Jean-Claude Laureux

(ingénieur du son)
Cet ingénieur du son que K. Kieslowski décrit comme "un homme sensible à tout, très intelligent" a travaillé avec des réalisateurs reconnus tel que Anne Fontaine (Nettoyage à sec, Comment j'ai tué mon père, Nathalie X), Louis Malle (Au revoir les enfants, Milou en mai, Fatale), Jacques Doillon (Le Petit criminel), Olivier Assayas (Les Destinées sentimentales), Benoit Jacquot (L'Ecole de la chair, Adolphe). Il a contribué à la création de l''univers sonore de la Trilogie ce qui lui valut le César du meilleur son pour Trois couleurs Bleu et Trois couleurs Rouge.
« Krzystof Kieslowski, finalement est un grand manipulateur. Il sait parfaitement où il veut aller. Ce qu''il ne connaît pas, en revanche, c''est le chemin pour y parvenir », Jean-Claude Laureux.


Piotr Jaxa

(photographe de plateau)
Piotr Jaxa, cinéaste et photographe, est né en Pologne en 1945 et vit en Suisse depuis 1983. Il est diplômé de la célèbre école de cinéma de Lodz en Pologne. Il a travaillé comme cinéaste pour Krzystof Kieslowski, Maximilian Schell, Kamal Musal, Lesli Jenkins mais également pour des organisations internationales comme l’Unicef, WHO et pour la télévision américaine, japonaise, française et allemande. Il a plus de cent films à son actif. Son travail a été sélectionné dans des festivals renommés tels que Cannes, Manheim, Cracovie et Los Angeles. Ses photographies ont été publiées dans des magazines comme Time, Newsweek, Forbes, Das Magazin, Le Temps stratégique, Switch, Première, Film, Kino, Télérama, Positif, Marie Claire, Camera Magazin.
Il a publié plusieurs livres de photos : L’Esprit de Genève (1988), Oh ! Barcelona (1992), Poschiavo un mondo di valle (1998). Depuis 1993, son exposition "Remembering Krzystof" dédiée eu réalisateur Krzystof Kieslowski a été présenté dans le monde entier. Il prépare actuellement une exposition et un livre intitulé Poets of Filmlight présentant des photos de cinéastes internationaux tels que Sven Nykvist, Henri Alekan, Vitorio Storaro, Freddie Young, Conrad Hall, Haxell Wexler, Roby Müller, Acacio de Almeida et Javier Aguirresarobe.
Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver Piotr Jaxa sur le site : www.jaxa.com


Alain Martin

(directeur artistique)
Alain Martin, directeur artistique et écrivain vit et travaille à Paris. Il y a deux ans, il croise une comédienne, Irène Jacob, et multiplie les rencontres avec ses spectateurs ; leur enthousiasme et la concordance des témoignages se font nécessité : après Kieslowski, avec et sans lui, il reste à écrire Irène Jacob, un autre regard…. Dans ce livre, témoignages et impressions de la profession cinéma et théâtre, agents, critiques… se mêlent aux échos d’un large public des deux côtés de l’Atlantique, recueillis directement et aussi grâce à un site Internet créé à cette occasion : \r\nwww.irenejacob.net

Trois questions à l’auteur :

1) Pourquoi un livre sur Irène Jacob ?
Parce que douze ans après La Double Vie de Véronique, la reconnaissance du public cinéphile et de la profession n’a pas cessé, malgré une carrière menée en partie de l’autre côté de l’Atlantique (grâce à sa maîtrise de l’anglais) et des choix qui l’ont amenée à jouer pour des films indépendants quelquefois peu reconnus. Et puis ce livre, personne ne l’avait écrit !

2) Comment se présentera l’ouvrage ?
Sa forme a évolué, même si le fil conducteur était évident, pour moi, dès le départ : il ne s’agit pas d’écrire une biographie ou une filmographie linéaire, mais plutôt d’évoquer les rencontres, les possibles. Les réactions d’Irène Jacob m’ont même amené à poursuivre plus loin dans cette voie que je ne le pensais…
Quatre personnages enquêtent sur une comédienne très discrète ! S’ils frôlent la fiction, les citations restent exactes pour la plupart et les faits suffisamment précis pour composer un portrait rigoureux d’Irène Jacob… Par ailleurs, une iconographie et des annexes complètent le livre…

3) Que vous a apporté ce livre ?
Nous avons découvert avec plaisir, tous ceux qui ont bien voulu m’apporter leur concours et moi-même, à quel point la curiosité et les différents domaines déjà explorés par Irène Jacob multiplient les champs d’exploration et les possibles : on finit par échapper à la monographie !


Richard Dalla Rosa

(écrivain)
Né en 1974 à Charleville-Mézières, Richard Dalla Rosa obtient une maîtrise de Lettres classiques en juin 1997, juste avant la parution de son premier ouvrage, La Nuit des heures, aux Editions Pierron. Deux autres recueils de nouvelles vont suivre : Après moi le sommeil en 1998 et De Charybde en Syllabe en 1999. En janvier 2000 paraissent un récit historique aux Éditions Autrement (Tisphoné, démon de Socrate) et un texte dans la NRF de Gallimard (Les Mots dans les murs).
En 2001, cinq publications : un récit poétique (Eloge des forêts depuis la vitre d’un wagon, mars) et un premier roman (Antiberg, septembre) chez Pierron, une prose dans l’Arcane quatrième d’Une Anthologie de l’Imaginaire chez Rafaël de Surtis (Le Narrateur fou), un texte pour le catalogue de Bernard Pras, artiste plasticien édité par son galeriste Bruno Delarue, et une histoire publiée dans une anthologie de nouvellistes français éditée au Danemark (Editions Systime).
Depuis 1999, il anime des ateliers d’écriture en Champagne-Ardennes, avec des enfants en milieu scolaire et des adultes (bibliothèque, prison, hôpitaux, centres sociaux, maisons de retraite). Il rédige également des chroniques et des articles sur Internet : www.objectif-cinema.com et www.zone-litteraire.com ; aussi, présidant la Société des Écrivains Ardennais depuis décembre 2002, il dirige la revue Au chant de la grive à Charleville.
Son dernier roman est paru en mars 2002 aux Éditions Desmaret, Epsilon(en cours de scénarisation) et une suite est prévue sous le titre de Cascamouche… Sans oublier La Fascination des doubles, un récit autour de la synchronicité dans La Double vie de Véronique de Kieslowski, à paraître prochainement. Bientôt, le théâtre et le cinéma lui permettront d’expérimenter d’autres écritures…


Caroline Cottier

(Auteur d'un mémoire sur Kieslowski)
Née à Lyon il y a 24 ans, et passionnée par les Arts du Spectacle, la Littérature, et le Cinéma, Caroline Cottier a poursuivi des études d’Anglais littéraire en même temps que des études cinématographiques. Elle découvre K. Kieslowski par La Double vie de Véronique qui la marque profondément et décide alors d’étudier ce réalisateur fascinant. Elle rédige un mémoire sur Le Décalogue de Kieslowski, puis entreprend d’analyser le parcours du cinéaste de 1966 à …1994 ! Du Bureau à …Trois Couleurs : Rouge. Spécialiste de Kieslowski, Caroline apporte régulièrement ses lumières sur le réalisateur dans divers festivals (Rousset en 2002 et récemment Visions 2003 à Galway). Agent du patrimoine dans deux bibliothèques lyonnaises, Caroline trouve encore le temps de publier des poèmes et de collaborer à la préparation du livre d’Alain Martin Irène Jacob, un autre regard….
Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver Caroline Cottier sur : www.membres.lycos.fr/ccottier
« Je suis ravie de prendre à nouveau part dans ce cycle sur Kieslowski donnant la part belle aux plus anciens comme aux plus récents des opus Kieslowskiens. Redécouvrir ou découvrir sur grand écran les premiers courts-métrages alliant déjà genre documentaire et fiction, mais aussi revoir les trois volets de la Trilogie dans l’ordre, est une idée qu'aurait sans doute encouragé Kieslowski», Caroline Cottier.

Biblio :
Le Décalogue selon Kieslowski, esthétique, montage et narratologie filmique. 150 pages. Biblio, Filmo, photogrammes. (Mémoire de maîtrise).
Krzysztof Kieslowski , 1966-1994, du documentaire à la fiction, de l''ombre à la lumière ? 175 pages, idem.(DEA).


















La Programmation



VENDREDI 4 AVRIL :


20h : Tu ne tueras point (long-métrage)
      Le Point de vue du gardien de nuit (court-métrage)

SAMEDI 5 AVRIL :


10h :Trois couleurs – Bleu (long-métrage)
      Le Bureau (court-métrage)
      Discussion : « L’univers sonore et visuel de Kieslowski »
14h : Trois couleurs – Blanc (long-métrage)
      Sept femmes d’âge différent (court-métrage)
17h : Trois couleurs – Rouge (long-métrage)
      Le Refrain (court-métrage)
      Discussion : « Les personnages Kieslowskiens »

DIMANCE 6 AVRIL :


10h : L’Amateur (long-métrage)
      Discussion : « Du documentaire à la fiction »

14h : La Double vie de Véronique (long-métrage)
      Discussion : « le thème du double »
      projection du making of de La double vie de Véronique
      Discussion : « Travailler avec K.Kieslowski »
      18h30 : pot de clôture


Les longs-métrages

Tous les films sont présentés en VOST.


L’Amateur

(Amator/Camera Buff)
1979/couleurs/35 mm/112’
Réalisation et scénario : Krzystof Kieslowski
Production : Zespol Filmovy, Tor
Distribution : MK2
Musique : Krzystof Knittel
Interprétation : Jerzy Stuhr (Filip Mosz), Malgorzata Zabkowska (Irka Mosz), Ewa Pokas (Anna Wlodarxzyk), Stefan Czyzewski (le directeur), Jerzy Nowak , Tadeusz Bradecki

Filip, employé d'une entreprise d'une petite ville polonaise, s'achète une caméra 8mm pour filmer le bébé que sa femme va avoir. Intéressé, son directeur lui commande un reportage sur la commémoration des 25 ans de l'entreprise. Le film va à un festival d'amateurs. Filip encouragé, réalise d’autres films mais se heurte à des pressions de son directeur et à l'incompréhension de sa femme qui n'accepte pas le changement qui s'opère en lui…
Grand prix du festival de Moscou, grand prix à Gdansk, grand prix à Chicago

« Au plan stylistique, l’amateur est le film le plus riche que Kieslowski ait réalisé jusqu’alors. Ses images montrent pour la première fois la complexité de la vision du réalisateur, des rapports qu’il fait exister entre sa caméra et le monde » (Annette Insdorf).
« Il ne suffit pas de braquer la caméra sur le réel pour filmer la vérité, la vérité a plusieurs visages, tout dépend de quel point de vue on regarde, la vérité personnelle n’est pas toujours la vérité publique » (K. Kieslowski).



Tu ne tueras point

(Krotki film o zabijaniu/ A short film about Killing)
1988/couleur/35 mn/85’
Réalisation: Krzystof Kieslowski
Scénario: Krzystof Kieslowski et Krzystof Piesiewicz.
Production: Tor, Télévision Polonaise
Distribution: MK2
Musique : Zbigniev Preisner
Interprétation : Miroslaw Baka(Jacek), Krzistof Globisz (Piotr), Jan Tesarz (Le chauffeur de taxi).
Interdit aux moins de 12 ans

Varsovie. Un chauffeur de taxi lave sa voiture. Jacek, un jeune paysan au visage obtus, erre dans la ville. Piotr, un étudiant en Droit, se prépare à passer son dernier examen. Leur destin se croise lorsque Jacek hèle le chauffeur de taxi pour se faire conduire dans les faubourgs de la ville. Là, il l'assassine de façon atroce, à coups de pierre. Il est arrêté et condamné à mort, malgré les efforts de Piotr, commis pour sa défense.
Violent réquisitoire contre la violence et la peine de mort, ce film fut salué a Cannes par une presse unanime. Prix du jury Festival de Cannes 1988, prix de la critique internationale prix du cinéma européen Félix pour le meilleur film de l’année, grand prix à Gdansk.

« Le film traque notre hypocrisie. A nous autres sociétés qui avons évacué la mort sous toutes ses formes de notre champ visuel, ce qui est insoutenable n’est pas sa représentation, mais son effraction dans la réalité, quand elle fond sans crier gare sur des individus qui ont cessé d’êtres immunisés »(Michel Sineux).



La Double vie de Véronique

(Podwojne Zycie Weroniki/The double life of Véronica)
1991/couleur/35mn/98’
Réalisation: Krzystof Kieslowski
Scénario: Krzystof Kieslowski, Krzystof Piesiewicz
Production : Sidéral production, Tor Production, Le studio Canal Plus
Musique : Zbigniew Preisner
Montage : Jacques Witta
Interprétation : Irène Jacob (Weronika/Véronique ; voix de weronika : Anna Gornostaj, Halina Gryglaszewska (la tante de weronika), Kalina Jedrusik (la femme bariolée), Aleksander Bardini (le chef d’orchestre), Wladyslaw Kowlaski (le père de weronika), Jerzy Gudejko (Antek), Jan Sterminski (l’avocat), Philippe Volter (Alexandre Fabbri), Sandrine Dumas (Catherine), Louis Ducreux (le professeur), Claude Duneton (Le père de Véronique).

Weronika est une jeune chanteuse habitant en Pologne. Elle aime marcher pieds nus, regarder le monde à travers une boule de verre et a une malformation cardiaque. A Paris, Véronique est musicienne et ressemble étrangement à Weronika… Prix de la meilleure actrice pour Irène Jacob au festival de Cannes en 1991.

"Ce film traite de choses qu’on ne peut pas nommer (…). Il traite de la sensibilité, des pressentiments, d’une sphère très délicate dans la vie de l’homme qu’il est extrêmement difficile de nommer directement… "(K. Kieslowski).



Trois couleurs Bleu


1993/couleurs/35mn/100’
Réalisation : Krzystof Kieslowski
Scénario : Krzystof Kieslowski, Krzystof Piesiewicz
Production : CAB productions, CED productions, France 3 Cinéma, MK2, Tor
Distribution : MK2
Musique : Zbigniew Preisner
Montage : Jacques Witta
Mixage : William Flageollet
Directeur de la photographie : Slavomir Idziak
Interprétation : Juliette Binoche (Lucie), Florence Pernel (Sandrine), Charlotte Very (Lucille), Benoit Regent (Olivier), Hélène Vincent (la journaliste), Philippe Volter (l’agent immobilier), Julie Delpy.

Après un accident de voiture dans lequel meurent son fils et son mari, Julie se retrouve seul, sans envie de se raccrocher à quiconque, ni à quoi que ce soit. Mais le passé revient sous forme d’une œuvre musicale à terminer. Lentement, Julie réapprend à vivre…
Venise 1993 : Lion d'Or, Prix d'interprétation féminine Juliette Binoche, Prix de la Photographie Césars 1995 : meilleure actrice Juliette Binoche, meilleur son, meilleur montage.

Quand je parlerai la langue des anges, si je n’ai pas l’amour je ne suis qu’airain qui raisonne. Quand j’aurai le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurai même toute la foi jusqu’à déplacer les montages, si je n’ai pas l’amour je ne suis rien (…). Maintenant donc demeurent la foi, l’espérance et l’amour mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour. (Epître aux Corinthiens)



Trois couleurs Blanc


1993/couleurs/35 mm/ 91‘
Réalisation : Krzystof Kieslowski
Scénario : Krzystof Kieslowski, Krzystof Piesiewicz
Production : Tor, CAB, France 3
Distribution : MK2
Musique : Zbigniew preisner
Montage : Urszula Lesiak
Directeur de la photographie : Edward Klosinski
Mixage : William Flageollet
Interprétation : Julie Delpy (Dominique), Zbigniev Zamachowski (Karol), Jerzy Stuhr (Jurek), Janusz Gajos (Mikolaj), Jerzy Nowak, Grzegorz Warchol, Juliette Binoche, Florence Pernel.

Karol est polonais, il est coiffeur, sa femme, Dominique, est française. Nous faisons leur connaissance pendant le jugement de leur divorce. Selon Dominique, leur mariage n''a pas été consommé, ce que Karol confirme. A l'issue de cette affaire, Karol a tout perdu : l'amour, sa femme, le salon de coiffure acheté avec toutes ses économies. Avec l’aide d’un compatriote rencontré dans le métro, il parvient à retourner en Pologne. Il décide alors de faire fortune pour se venger de Dominique d’une étrange façon…
Berlin 1994 : Ours d'Argent

"Dans ce second volet de la trilogie, K. Kieslowski se penche sur le concept d’égalité mais considéré sous l’angle ironique du talion, de la vengeance." (A. Insdorf).



Trois couleurs Rouge


1993/couleurs/35mm/96’
Réalisation : Krzystof Kieslowski
Scénario : Krzystof Kieslowski, Krzystof Piesiewicz
Production : Tor, France 3, CAB, Canal +, TSR
Distribution : MK2
Musique : Zbigniew Preisner
Montage : Jacques Witta
Mixage : William Flageollet
Directeur de la photographie : Piotr Sobocinski
Interprétation : Irène Jacob (Valentine), Jean-Louis Trintignant (Le juge), Frédérique Feder (Karin), Jean-Pierre Lorit (Auguste), Samuel Le Bihan (Le photographe).

Valentine, un jeune mannequin, écrase un chien. Le chien est juste blessé. Sur une plaque, attachée à son collier, Valentine trouve l'adresse du propriétaire. C’est un juge…
Nomination aux Oscars pour la réalisation et pour le scénario.

« La fraternité existe dès que l’on est prêt à écouter l’autre. Dans la pagaille quotidienne, dans cette folie, cette poursuite de tout ce qui nous semble important, quand on trouve un petit moment, un peu de patience pour écouter quelqu’un d’autre, il y a de la fraternité » (K.Kieslowski).


Les courts-métrages


Tous les films sont présentés en VOST.

Le Bureau
1966/N&B/35mn/6’
Scénario et réalisation : Krzistof Kieslowski
Production : école supérieure de cinéma et de télévision.
Le film a été tourné avec une caméra cachée installée près d’une caisse d’assurances sociales. C’est une satire sur la bureaucratie et le manque de sensibilité des fonctionnaires.
Le film met en relation le pouvoir et la soumission, les humains et les papiers.
Prix des ciné-clubs au festival des films d'étude de l'école supérieure de Télévision et de cinéma.

Le Refrain
1972/N&B/35mn/10’
Scénario et réalisation : Krzystof Kieslowski
Production : Studio de films documentaires (WFD)
Un enregistrement documentaire d’une journée de fonctionnement d’une entreprise de pompes funèbres. La caméra observe les gens qui sont venus ici après la mort de leurs proches et des fonctionnaires qui remplissent d’une façon routinière les formalités funéraires.

Le Point de vue du gardien de nuit
1977/N&B/35mn/17’
Réalisation : Krzystof Kieslowski
Production : Studio des films documentaires
Un gardien de nuit, fanatique propagateur de discipline au travail et après le travail contrôle de sa propre initiative ses amis pêcheurs et les jeunes qui se rencontrent dans les parcs.
Grand prix au festival national du court-métrage de Cracovie, prix du jury à Lille.

Sept femmes d’âge différent
1978/N&B/35 mn/16’
Réalisation : Krzystof Kieslowski
Production : Studio des films documentaires
Esquisse des portraits de sept danseuses d’âge différent, en commençant par une jeune diplômée d’une école de ballet et en finissant par une femme dont la carrière professionnelle est depuis longtemps terminée. Plusieurs années de pénibles exercices aboutissent ou non à une courte carrière.
Grand prix au festival national du court-métrage de Cracovie








Biographie

de Krzystof Kieslowski



Krzysztof Kieslowski est né à Varsovie le 27 juin 1941. Il tourne son premier court métrage dès 1963, mais il doit s''y prendre à trois fois avant d''être admis à la très prestigieuse École supérieure de cinéma et de télévision de Lodz, d''où furent issus Andrzej Wajda et Roman Polanski. Il en sort diplômé en 1969.

De la télévision au cinéma

K. Kieslowski commence à travailler pour la télévision polonaise, avec tout d''abord de nombreux documentaires, souvent très critiques vis-à-vis de la situation politique de son pays. En 1973, il réalise ses premiers moyens métrages de fiction, toujours pour le petit écran. Il passe au long métrage, en 1975, avec Le Personnel, un film dont l''action se situe dans les coulisses d''un opéra, et qui est en fait une parabole sur le régime communiste et ses limites. Si Le Personnel était encore réalisé pour le petit écran, Kieslowski signe l'année suivante deux films de cinéma, La Tranquillité et La Cicatrice. La critique de la société polonaise y est si virulente que ces deux œuvres sont frappées par la censure.
En 1979, avec L'Amateur, le cinéaste s'invente une sorte de double, un ouvrier qui promène une caméra vidéo autour de lui et enregistre la lente décomposition de son univers. La reconnaissance du metteur en scène se dessine enfin : le film obtient le Grand Prix du festival de Gdansk, ainsi que celui du festival de Moscou.
Au long des films qui suivent (Le Hasard, 1982 ; Sans fin, 1984), la réflexion se fait plus métaphysique, la narration se laisse gagner par une touche de fantastique, sans pour autant que le cinéaste s''éloigne des réalités historiques de la Pologne.
Un projet aussi ambitieux qu'audacieux fait revenir Kieslowski, auquel s'est joint le scénariste Krzysztof Piesiewicz, à la télévision : le cycle du Décalogue entend réactualiser les dix commandements de la Bible en autant de téléfilms ayant Varsovie pour cadre. Des dizaines de comédiens participent à l'aventure, et le cinéaste fait appel à dix directeurs de la photographie différents pour les dix épisodes. Dans chacun de ceux-ci se confrontent un coupable et un personnage à la fois observateur et avocat, procédé mis au service d''une véritable dissection des sentiments.

La consécration internationale
De ce cycle de téléfilms, le cinéaste voulait tirer trois longs métrages. Deux verront le jour : Tu ne tueras point et Brève Histoire d'amour. Le premier crée l'événement au festival de Cannes 1988. Certes, de nombreux spectateurs quittent la salle, tant insoutenable est le film, et en particulier la scène de l'assassinat. Mais cette oeuvre, qui signale un cinéaste capable comme peu d'autres d'approcher le réel et d'en retraduire la nature profonde, remporte le Prix du jury.
Une renommée mondiale est désormais acquise à ce cinéaste qui tourne depuis vingt ans. Il donne un film particulièrement personnel avec une production franco-polonaise, La Double Vie de Véronique, qui révèle la comédienne Irène Jacob, dans le rôle d'une jeune Française et d'une Polonaise, sosie l'une de l'autre, et aux destins parallèles : la Française est professeur de musique, tandis que la Polonaise, qui disparaîtra brutalement, chante.

Bleu, Blanc, Rouge

En France, en 1992-1993, K. Kieslowski se lance dans une nouvelle aventure : trois films réalisés en huit mois, et articulés autour des trois couleurs bleu, blanc et rouge, réflexion sur la symbolique de la Révolution française, Liberté, Égalité, Fraternité. Trois Couleurs : Bleu sort en 1993, Trois Couleurs : Blanc, l'année suivante, tout comme Trois Couleurs : Rouge, présenté au festival de Cannes 1994. Mais alors que cette trilogie connaît un immense succès (elle totalise quelque huit millions de spectateurs à travers les 70 pays dans lesquels elle est distribuée), le cinéaste crée la surprise en annonçant qu'il ne désire plus filmer et n'aspire qu'à se retirer à la campagne.
Quelques temps plus tard, il doit subir une intervention chirurgicale dans un hôpital de Varsovie. Il meurt d'une crise cardiaque le 13 mars 1996, à 54 ans. Son oeuvre l'a imposé comme l'un des cinéastes des années 1980-1990 les plus originaux mais aussi les plus exigeants et honnêtes, comme un créateur d'une exceptionnelle indépendance intellectuelle.
Encyclopédie Hachette multimedia



Filmographie

de Krzystof Kieslowski



1966 Le Tramway (court-métrage)
1966 Le Bureau (court-métrage)
1967 Le Concert des désirs (court-métrage)
1967 La Photographie (court-métrage)
1969 De la ville de Lodz (court-métrage)
1970 J’étais soldat (court-métrage)
1970 L’Usine (court-métrage)
1971 Avant le rallye (court-métrage)
1972 Le Refrain (court-métrage)
1972 Entre Wroclaw et Zielona Gora (court-métrage)
1972 Les Normes de sécurité et d’hygiène (court-métrage)
1972 Dans les mines de cuivre (court-métrage)
1972 Ouvriers 71 (court-métrage)
1973 Le Maçon (court-métrage)
1973 Le Passage souterrain (court-métrage)
1973 L’Enfant (court-métrage)
1974 La Radiographie (court-métrage)
1974 Le Premier Amour (court-métrage)
1975 Curriculum vitae (court-métrage)
1975 Le Personnel (long-métrage télévision)
1976 L’Hôpital (court-métrage)
1976 La Claque (court-métrage)
1976 Le Calme (long-métrage télévision)
1976 La Cicatrice (long-métrage)
1977 Le Point de vue du gardien de nuit (court-métrage)
1977 Je ne sais pas (court-métrage)
1978 Sept femmes d’âge différent (court-métrage)
1979 L’Amateur (long-métrage)
1980 Une gare (court-métrage)
1980 Têtes parlantes (court-métrage)
1981 Le hasard (long-métrage)
1981 Une courte journée de travail (long-métrage télévision)
1984 Sans fin (long-métrage)
1988 Brève histoire d’amour (long-métrage)
1988 Sept jours de la semaine (court-métrage)
1989 Le Décalogue (longs-métrages)
1990 La Double vie de Véronique (long-métrage)
1992-1993 Trois couleurs : Bleu, Blanc, Rouge (3 long-métrages)




Les Photos

du festival




Ce week-end, il fallait prendre la direction de l'Université pour assister au festival Kieslowski organisé par l'association Univerciné...


La salle commence à se remplir sous le regard pénétrant de K. Kieslowski.


Les films sont prêts. Certains sont venus de Londres ou de Varsovie pour venir rencontrer le public Chambérien.


Les personnages de Kieslowski prennent vie grâce à Catherine Andrault (Cie de la Mandragore) et ses comédiens.


Les spectateurs dans le noir et Irène Jacob dans la lumière...


Caroline Cottier avec Piotr Jaxa, Jean-claude Laureux et Jacques Witta pour une discussion sur "l'univers sonore et visuel de Kieslowski".


Alain Martin et Piotr Jaxa.


Piotr Jaxa et Caroline Cottier.


R. Della Rosa, J. Witta, A. Martin et P. Jaxa.


Certains étudiants découvraient pour la première fois l'univers fascinant de K. Kieslowski.


Après les séances, les discussions continuent et on n'est pas toujours d'accord ! Mais le débat ne naît-il pas de la contradiction...


C'est avec beaucoup d'émotion que Jacques Witta nous parla de la disparition de K. Kieslowski.


Maria Winkler, directrice de "Cultures d'Europe" lit une lettre de K. Kieslowski qui avait accepté de parrainer l'association. Extrait: "Je commence trois films en même temps et cela m'absorbe, à vrai dire au-delà de mes forces mais je pense que vous comprendrez que je vaux quelque chose seulement lorsque je réalise des films (...)" K. Kieslowski.


L'écrivain Richard Della Rosa dédicace son dernier livre La Fascination des doubles.


A bientôt Jacques, on ne vous oubliera pas...






Les étudiants parlent de K. Kieslowski


"Depuis le début de l'année je suis devenue une quasi-inconditionnelle des séances de ciné du mercredi soir à la fac. Mon seul regret est de ne pas avoir commencé plus tôt.
Vos choix de films me permettent de découvrir d'autres horizons, d'autres styles, d'autres histoires. De plus, je vous suis reconnaissante à vie de m'avoir permis de connaître Kieslowski et ses oeuvres. Encore aujourd'hui, je le sens au plus profond de moi-même. Dès que je regarde l'affiche du cycle Kieslowski, tout revient avec force et émotion mais aussi nostalgie de ces moments passés ce week-end. Je viens de finir de lire le récit de Richard Dalla Rosa La Fascination des doubles, pendant sa lecture je me suis retrouvée devant l'écran de cinéma de l'Amphi 11000 avec la photo de Kieslowski, avec les scènes de La double vie de Véronique et la musique... Ce livre m'a éclairée.
Je vous écris ce mail pour vous remercier et vous féliciter de votre initiative généreuse, vous nous offrez quelque chose de merveilleux : la curiosité et l'épanouissement de soi. Tous les films que j'ai vus, qu'ils m'aient plu ou non, m'ont apporté une réponse ou bien des questions mais dans tous les cas m'ont aidé.
Alors encore une fois, MERCI !"

A.C


"Je crois qu'aujourd'hui, je ne suis plus la même. Mon MOI s'est humainement enrichi. MOI qui me cherchais, je me suis un peu trouvée. Mon MOI est moins confus et ce n'est qu'un début. Kieslowski m'est apparu véritablement humain. Il a l'esprit que je tente de cultiver en permanence. Mais la chute est toujours douloureuse. Tant pis je recommence....". Merci.

S.C


De la solitude au double et retour

- Sur les traces de Kieslowski -

"Parce que la solitude c'est être seul avec soi. Et seul l'art permet cet isolement bénéfique. Alors que penser d'un artiste qui parle de solitude ? Peut-il vraiment faire autrement ? N'est-ce pas ce qui peut seulement sortir de lui lorsqu'il s'abandonne ? Ces images, ces mots, ne sont-ils pas des larmes ? N'est-ce pas la seule émotion dont il soit réellement capable sincèrement ?

Et l'émotion du spectateur, touché, blessé parce qu'il se voit nu, Il se voit de l'intérieur, là comme ça, tout doucement, après un striptease inconscient. Toute individuelle qu'elle soit, la solitude devient collective. Elle tourne sur soi jusqu'à en attraper le vertige, le mal de coeur, qui pleure, pleure, qui coule et qui saigne.

Comment s'en sortir ? Par le double.

Le double : seule extériorité possible quand on est seul. Mais est-ce vraiment un extérieur ? Car le double est un extérieur semblable à soi ; un intérieur projeté. Juste un reflet. Un "seul" voulant se sentir moins seul, tout en restant seul.

Véronique et Wéronika sont seules. Pour l'être un peu moins, leur dépression intérieure, leur trou, leur manque, leur creux essentiel, les créent l'une l'autre. Mais les deux ne peuvent vivre pleinement. Une énergie pour deux, c'est bien trop peu. Elles le savent. Wéronika le sait.

Alors elle chante jusqu'au bout ; un dernier son pour un dernier souffle. Un chant du signe. Signe qu'il est temps de laisser sa place quand elle entrevoit Véronique dans l'autocar à Cracovie.

De Wéronika à Véronique, mais non l'inverse. De la solitude au double et retour.

Le double identifié, perçu, est éphémère. C'est un Narcisse épuré qui se noie volontairement, donnant sa chance à l'autre, devenant terreau, humus de l'autre comme le suggère la scène de l'enterrement. Une mort pour une autre naissance, avec l'expérience du vécu et l'espoir de ne rien rater. "La double vie de Véronique" est-ce donc deux vies ou une vie qui en vaut deux ? Deux vies qui se suivent dans le sens où la deuxième répète la première en en ayant tiré des leçons ?

Wéronika et Véronique, un "W" et un "V", il ne reste plus qu'un "V" comme plus qu'une "vie", plus qu'une chance. Et la leçon de Kieslowski, "vivre avec attention" car tout peut être important dans notre regard. Tout peut s'élever, tout peut naître d'une attention portée à la leçon de l'Amateur.

Leçons de vie, leçon deux vies".

L.G




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